« L’écran de Max », ou l’emprise des jeux vidéos par Tony Harrisson

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29-04-2019 par Eglantine Despres

Sportif, sociable, affectueux, bavard… C’est l’adolescent qu’était Max avant sa blessure au genou. Après son accident, le jeune homme se replie sur lui-même et s’emmure dans sa colère. S’en suit une perdition dans un monde où Max peut être et faire ce qu’il veut : le monde des jeux vidéos.

Dans sa nouvelle pièce, la Compagnie Arkenciel a choisi de s’attaquer à un sujet à la fois fort et actuel de la jeunesse : l’addiction aux jeux vidéos. Tony Harrisson, le metteur en scène, a fait le choix de ne pas stigmatiser le profil du joueur, le « gamer » comme on l’appelle dans le milieu. Interprété par le jeune Titouan Laporte, Max ne ressemble en rien au gamer/geek traditionnel : il n’est ni solitaire, ni asocial. Il a même un très bon ami, avec qui il communique fréquemment sur les réseaux sociaux. C’est justement à travers leur relation que l’on commence à deviner puis à constater la déchéance de l’adolescent. Au fur et à mesure de leurs appels, Max se fait de plus en plus distant, refuse de sortir, puis finit par ne plus quitter les quatre murs de sa chambre.

Face à des parents impuissants, interprétés par Guy Amram et Nadège Perrier, Max rompt toute communication avec l’être humain. Ses seuls interlocuteurs désormais, ce sont ses amis virtuels, son écran et cette voix électronique, à la fois amicale et anxiogène qui le guide, l’appelle, le rassure… et l’aliène.

Tony Harrisson offre ici un véritable spectacle de prévention qui invite au débat sur le sujet des addictions aux écrans. Très ancrées dans cette génération de jeunes du « tout virtuel » où l’on se croit libre car dénué de toutes « chaînes parentales », la pièce de Tony Harrisson interroge également sur la communication parents/enfants

L’écran de Max au final, pièce écrite par Cécilia Mazur, fruit de l'expérience d'une professeure de Lettres, a été d'abord conçue pour être diffusée dans les milieux scolaires. Plus qu'une oeuvre artistique, elle se veut d'abord éminemment didactique, sans détour, de manière quasi documentaire, elle peut être vue comme l'écran de nombreux adolescents, qui, à un âge ingrat, préfère se réfugier dans un monde factice où ils ne seront déçus de rien. 

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